Le porte-parole du ministère iranien des Affaires étrangères, Esmaïl Baghaï, a dénoncé le mépris du président américain Donald Trump pour le coût humain de la guerre en affirmant que « cela n’a pas d’importance », car tout le monde meurt « de toute façon ». Baghaï a mis en garde contre un « nihilisme moderne » qui risque de transformer la mort en une justification de l’indifférence à la souffrance humaine.
Dans une publication sur son compte X jeudi 1er octobre, Esmaïl Baghaï a réagi aux propos de Tucker Carlson — personnalité médiatique américaine et ancien animateur de Fox News — concernant une conversation qu’il aurait eue avec Trump dans le Bureau ovale quelques jours avant le déclenchement de la guerre.
Dans une courte vidéo jointe à sa publication, Baghaï a cité Carlson affirmant avoir averti Trump que la guerre ne concernait pas le programme nucléaire iranien et qu’Israël poussait les États-Unis à la guerre.
« Je l’ai dit à Trump en face, dans le Bureau ovale, quelques jours avant le début de la guerre. Il m’a regardé et a répondu : “Oui, vous avez raison. Mais au bout du compte, nous mourons tous de toute façon. Donc, cela n’a pas d’importance.” C’est exactement ce qu’il a dit », a souligné Carlson.
Baghaï a entamé sa publication en citant ces propos : « Au bout du compte, nous mourons tous de toute façon, donc cela n’a pas d’importance. »
« Il ne s’agit pas d’une déclaration politique ordinaire ; elle fait écho au Caligula d’Albert Camus, au moment précis où l’“absurdité” existentielle bascule dans la tyrannie — lorsque l’“inéluctabilité de la mort” sert à dépouiller les vivants de leur valeur. Puisque la vie a une fin, raisonnait Caligula, la souffrance d’autrui est sans importance », a-t-il déclaré, établissant un parallèle avec cette pièce de théâtre.
Baghaï a ensuite soutenu que ce danger est amplifié par la puissance destructrice dont disposent les États modernes.
« La différence terrifiante aujourd’hui réside dans les moyens d’action. Caligula ne disposait que des moyens rudimentaires de Rome ; le nihilisme moderne, lui, commande d’immenses arsenaux de destruction massive », a-t-il souligné.
« Le plus grand danger géopolitique n’est pas un dirigeant confronté à sa propre mortalité. C’est un système qui utilise le caractère inéluctable de la mort pour justifier l’indifférence face à la souffrance humaine. “Nous finissons tous par mourir” est un fait ; “donc cela n’a pas d’importance” est le glissement par lequel l’angoisse existentielle se transforme en arme politique », a poursuivi le porte-parole du ministère iranien des Affaires étrangères.
Carlson a fait ces déclarations lors d’une interview accordée à NPR et diffusée le 24 septembre. Il a qualifié de « nihilisme » la réaction prêtée à Trump et a affirmé que l’avenir ainsi que la vie des personnes touchées par la guerre avaient de l’importance.
Les deux guerres d’agression menées par l’alliance américano-israélienne contre l’Iran — lancées en juin 2025 et en février 2026 — ont causé la mort de plus de 4 500 Iraniens et fait plus de 70 000 blessés à travers le pays.
Le 28 février, premier jour de la deuxième agression, des missiles américains Tomahawk ont frappé l’école primaire Shajareh Tayyebeh à Minab, dans la province d’Hormozgan, tuant 168 personnes, dont une majorité d’enfants et plusieurs enseignants.